Festival Télérama (du 20 au 26 janvier 2010)

affiche-Festival-cinema-2010

Un prophète Grand prix du jury Festival de Cannes 2009
de Jacques Audiard - France 2008 - Int : Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif... - VOST - 2h35 - Interdit aux moins de 12 ans
Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite...
"A l’intérieur d’un univers intégralement dépravé, Audiard, puritain fasciné par le mal, veut encore faire briller, comme un joyau dans les gravats, le cœur pur de son personnage. Le récit suggère après tout que l’homme se sauve par la multiplication de ses fautes et l’aggravation de son cas. Pour porter cette bonne parole peut-être politiquement hasardeuse dans la fausse quiétude de notre société sécuritaire, Audiard a trouvé en Tahar Rahim (Malik), un médium parfait. Entre l’Enfant sauvage de Truffaut, quand il ânonne «canard» au cours d’une classe de lecture, et Scarface de De Palma, quand il esquisse un sourire en plein massacre, il porte le film à bout de bras, comme une dépouille, comme un trophée." Libération

 

Welcome
de Philippe Lioret - France 2009 - Int : Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana... - 1h50
Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à Calais, prend le risque d'aider en secret un réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage...
"Je voulais faire un film sur ces types qui, fuyant leurs pays malades, veulent à tout prix rejoindre cet eldorado qu’est l’Angleterre et qui se retrouvent coincés à Calais, brimés, brutalisés et humiliés à quelques kilomètres des côtes anglaises. Dans le film, deux destins se croisent et se heurtent à l’ordre absurde du monde. Tout ça pourrait se passer en 1943 et il pourrait s’agir d’un type qui cache des juifs chez lui et se fait prendre. Sauf que ça se passe aujourd’hui à deux cents kilomètres de Paris." Philippe Lioret

 

Harvey Milk
de Gus Van Sant - Etats-Unis 2009 - Int : Sean Penn, Josh Brolin, Emile Hirsch... - VOST - 2h07
Dans les années 70, Harvey Milk fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco. Son combat pour la tolérance et l'intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités et l'histoire...
"Van Sant ne sacrifie rien au style personnel et radical qui est le sien et signe ici son film le plus satisfaisant depuis des lustres. L’autre surprise est l’extraordinaire prestation de Sean Penn. Il triomphe d’autant plus que le film évite presque tous les pièges du biopic et que le scénario est méticuleusement politique - tout en restant distrayant." Libération

 

Inglorious basterds
de Quentin Tarantino - Etats-Unis 2009 - Int : Christoph Waltz, Brad Pitt, Diane Kruger... - 2h40 -VOST
Durant les premières années de l’occupation allemande en France, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille tombée entre les mains du Colonel nazi Hans Landa. Shosanna s’échappe de justesse et s’enfuit vers Paris où elle va se construire une nouvelle identité comme propriétaire d’une salle de cinéma. Ailleurs en Europe, le Lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains ayant pour but de mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis...
"Un concentré magistral de Tarantino. Changer le cours de l'Histoire, la fiction le peut. C'est ce pouvoir formidable que ­Tarantino célèbre, en utilisant la matière même du cinéma - la pellicule nitrate, ­extrêmement inflammable - comme arme réelle de combat contre le nazisme. Une réinvention de l'Histoire, entre Lubitsch et Guitry. " Télérama

 

Vincere
de Marco Bellocchio - Italie / France 2009 - Int : Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi, Fausto Russo Alesi... - 1h58
Dans la vie de Mussolini, il y a un lourd secret que l’histoire officielle ne raconte pas : une femme, Ida Dalser, et un enfant, Benito Albino – conçu, reconnu puis désavoué. Ida rencontre Mussolini de manière fugace à Trente et en est éblouie. Elle le retrouve à Milan où il est un ardent militant socialiste qui harangue les foules et dirige le quotidien l’Avanti. Ida croit en lui, en ses idées. Pour l’aider à financer le Popolo d’Italia, point de départ du futur parti fasciste, elle vend tous ses biens…
"Le nouveau film de Marco Bellocchio, qui fut bien avant Nanni Moretti l'enfant révolté du cinéma italien, est une oeuvre magistrale, un geste stylistique, poétique, politique d'une rare envergure. (...) Non moins remarquable est la part prépondérante que Marco Bellocchio consacre au cinéma proprement dit dans cette tragédie, par le montage d'archives ou par le biais de scènes durant lesquelles les personnages assistent à une projection (au cinéma, à l'hôpital, à l'asile, etc.), qu'il s'agisse de bandes d'actualités ou de fictions contemporaines de l'action du film (Le Kid, de Chaplin, Octobre, d'Eisenstein...). Car c'est bien avec l'émergence du totalitarisme que les mécanismes spectaculaires du cinéma, son cadre plus grand que nature, son culte de la vedette, sa puissance d'identification et de fascination sont mis à profit par le politique afin de subjuguer les mêmes spectateurs." Le Monde

 

Whatever Works
de Woody Allen - Etats-Unis 2009 - Int : Larry David, Evan Rachel Wood, Ed Begley Jr. ... - VOST - 1h32
Boris Yellnikoff est un génie de la physique qui a raté son mariage, son prix Nobel et même son suicide. Désormais, ce brillant misanthrope vit seul, jusqu'au soir où une jeune fugueuse, Melody, se retrouve affamée et transie de froid devant sa porte...
"On peut (...) y voir un manifeste de cinéaste. Au début, Boris l'atrabilaire s'en prend aux « feel good movies », ces films hollywoodiens destinés à provoquer une euphorie un peu idiote chez leurs spectateurs du fait de leur fin heureuse. Or, bien sûr, Woody Allen signe, avec Whatever works, son feel good movie. Il met tout le monde dans sa poche - les vieux, les jeunes, les femmes, les gays (...). Apparemment loin de tout rêve de grandeur (comme au temps où il se voulait Bergman). Le paradoxe est qu'il réussit, encore, une sorte de chef-d'oeuvre, à l'intérieur de ce genre dit mineur. Quand, à la toute fin, entre autodérision et forfanterie, est prononcé le mot « génie», il passe comme une lettre à la poste." Télérama

 

Le temps qu'il reste
de Elia Suleiman - France / Palestine 2009 - Int : Saleh Bakri, Yasmine Haj, Leila Muammar... - VOST - 1h45
Ce film est inspiré des carnets personnels de mon père, et commence lorsque celui-ci était un combattant résistant en 1948, et aussi des lettres de ma mère aux membres de sa famille qui furent forcés de quitter le pays. Mêlant mes souvenirs intimes d'eux et avec eux, le film dresse le portrait de la vie quotidienne de ces palestiniens qui sont restés sur leurs terres natales et ont été étiquetés "Arabes-Israéliens", vivant comme une minorité dans leur propre pays.
"On peut difficilement dire autant en parlant si peu. Emouvoir autant en se refusant si fermement à jouer sur l'émotion. Faire sourire autant avec des gags clownesques récurrents d'une si intense mélancolie. La force du film de Suleiman, c'est qu'au fond il tient ensemble ces deux visions du conflit israélo-palestinien, un épuisement réel doublé d'une absurde poésie. " Télérama